Investir dans les livres anciens

Livres anciens, plongez dans les belles pages d’autrefois.


En pleine conjoncture nationale et internationale incertaine, de plus en plus d’investisseurs passionnés ou non ont décidé de faire le choix du livre ancien. Certains collectionneurs ont réalisé de belles plus-values, mais l’essentiel est ailleurs dans cet univers très masculin ou la passion l’emporte souvent sur la raison.

La bibliophilie est une passion et celle-ci, on le sait, est dictée par le cœur. Mais c’est la raison qui permet d’analyser et de comprendre le marché des livres rares et son évolution dans le temps.

Comment se justifie le prix d’un livre ? Quels sont les critères qui le déterminent ? Quelles sont les tendances ? Est-ce un bon investissement ? Y a-t-il une relation entre estimation et prix d’adjudication ? Différents marchés nationaux sont analysés : Paris, Londres, New York…

Le collectionneur pourra se faire une idée documentée afin d’agir avec assurance, mais la passion doit toujours avoir le dernier mot pour le guider, car elle seule ne connaît pas de regrets.

      

Livre de prières en hébreu datant du XVe siècle, vendu 1,857 million d’euro en mai dernier.

Le très discret marché des livres anciens ne manque pas de tonus

Il s’agit d’un marché de connaisseurs, de collectionneurs, mais surtout d’investisseurs. Nous allons vous détailler dans cet article quelques règles de base ainsi que de recommandation avant tout achat.

Montant minimum :

Le ticket d’entrée sur les livres anciens est d’environ 1 000 euros pour un exemplaire.

Cependant, à partir de 3 000 €, les variations sont extrêmement faibles, de l’ordre du dixième de pourcent. Le cher devient de plus en plus cher, la gamme intermédiaire ne suit aucune tendance définie, et les livres les moins chers sont de plus en plus accessibles, divergence probablement favorisée par la banalisation de l’internet avec l’apparition des Ebooks.

Durée d’investissement :

Nous recommandons de conserver vos livres le plus longtemps possible, l’investissement n’en sera que meilleur sur le long terme.

Les bibliophiles, institutions et bibliothèques du monde entier ont une préférence toute particulière pour les exemplaires oubliés, sortis du marché pendant de longues années et redécouverts à l’occasion d’une vente publique de prestige.

Conseils :

Leur conservation n’exige aucun soin particulier de notre point de vue (sauf pour des ouvrages fragiles et en mauvais état), vous pouvez donc les conserver sans mal chez vous et surtout sans surcoût.

Enfin, gardez en mémoire que les faux n’existent pas et que le vol bibliophilique est quasiment inconnu à ce jour.

L’état et qualité de la reliure (couvrure) car si la reliure est finement travaillée, richement décorée, ou qu’elle provient d’un atelier réputé, le prix d’un livre peut s’envoler.

Attention : Les belles reliures dépendent particulièrement de la qualité du cuir (maroquin, basane, etc..) et des fines dorures qui peuvent agrémenter l’ouvrage. Renseignez-vous auprès d’un expert pour en évaluer la qualité.

La provenance se trouve dans l’ex-libris, cette vignette qui permet d’identifier le propriétaire, à l’intérieur de la couverture ou sur la page de garde.

Un livre provenant de la bibliothèque d’un personnage célèbre peut voir sa valeur décuplée.

Le contenu et le texte et le thème restent des critères essentiels pour estimer la valeur d’un livre ancien.

De manière récurrente, les bibliophiles construisent leur collection autour d’une thématique : l’architecture, la géographie, la chimie, l’histoire, la gastronomie, l’érotisme, ou encore la botanique

Quel est le rendement ?

« Les livres anciens ont un prix : celui de la rareté ». Ainsi, les rendements sont aléatoires et dépendrons de la plus-value lors de la phase d’achat revente.

Pour les ouvrages les plus courants, la valeur est aisément multipliée par 10 ou 20 (comparable au ratio de l’évolution du cours de l’or).

Concernant les ouvrages rarissimes et d’exception, cette même valeur peut atteindre une multiplication exponentielle pouvant aller de 100 à 1000.

Le gain est ainsi quasi-illimité si votre stratégie dans le choix de l’ouvrage est sélective.

Quels sont les risques ?

  • Ne pas trouver de repreneur pour votre œuvre, car le public se désintéresse de l’ouvrage.
  • Le nombre de beaux livres est encore présent sur le continent européen mais il est en diminution constante. La demande peut ainsi tendre à se raréfier.

Les réflexes à adopter :

– La première règle consiste à acheter des livres qui vous plaisent. Généralement, à mesure que la collection évolue, progresse, s’enrichit, le goût s’affine.

– Sélectionnez de préférence des ouvrages complets dans lesquels il ne manque ni volume, ni feuille, ni planche, car il y a peu d’espoir de réunir les pièces manquantes.

– Choisissez un libraire de référence et travaillez en confiance avec lui.

Les libraires sont des professionnels sérieux, amoureux du livre et entretenant des relations privilégiées et parfois fusionnelles avec leurs clients.

Leur marge commerciale est la plus faible du marché de l’art ; tout libraire digne de ce nom s’engage sur la qualité des livres qu’il vend. Il rachète quasiment à son prix de vente tout livre acquis par ses clients, ce qui constitue en soi une garantie unique sur le marché des antiquités.

Le libraire d’ancien est un homme de long terme ; son orgueil de bibliophile tend à lui faire préférer sa participation à la constitution de prestigieuses bibliothèques, gage de sa réputation, au profit à court terme.

Ce trait de caractère est une garantie précieuse pour l’apprenti bibliophile et un signe distinctif et fort du marché de la bibliophilie.

Si vous souhaitez acheter en vente publique, agissez de concert avec votre libraire, sinon l’on vous fera «monter au cocotier ». C’est-à-dire que vous pouvez vite vous laisser avoir par les surenchères et acheter trop cher une œuvre, ce qui diminuera votre chance de réaliser une plus-value lors de la revente.

– Privilégiez l’achat en librairie, du moins pour les beaux livres, l’évolution du marché est telle que les Maisons de vente publique réalisent des enchères généralement supérieures aux prix pratiqués en librairie.

Concrètement, comment se passe l’achat et la vente ?

Il faut se rendre à des ventes publiques (Drouot, Sotheby’s, Christies ou Artcurial), questionner les commissaires et les experts, étudier les ventes précédentes.

Dans ce cadre, l’estimation de l’ouvrage peut avoir un aspect aussi sécurisant qu’utile, car la valeur du prix final lors de la vente aux enchères n’en sera que plus importante. Sous-estimez votre ouvrage nuira à votre gain potentiel.

Si vous commencez votre bibliothèque, nous vous recommandons de vous rendre dans une librairie spécialisée. Celle-ci saura vous aider et vous orienter dans votre recherche sur une thématique de collection.

Les associations d’experts, telle la CNES (http://www.exertscnes.fr) ou le SFEP (http://www.sfep-experts.com) sauront vous aidez dans votre recherche.

N’oubliez pas que les marchés aux puces et les vides greniers réservent aussi leurs lots de bonnes surprises.

Quelle fiscalité ?

La fiscalité est identique à celle pratiquée dans le secteur de l’art, car les plus-values sont réalisées lors de ventes aux enchères majoritairement.

Les plus-values sont taxées à 34,5% avec un abattement de 10% après deux années de détention, ce qui revient à une exonération au bout de 12 ans.

Imposition des plus-values sur objet d’art

Un choix s’offre aux particuliers qui cèdent des objets d’art, de collection ou d’antiquité, ces derniers peuvent choisir :

  • L’imposition forfaitaire à hauteur de 5% du prix de vente ;
  • Ou l’imposition selon le régime des plus-values sur biens meubles ( 19% + prélèvements sociaux de 15,5%)

La taxe forfaitaire sur les objets d’art :

Le contribuable s’acquitte d’une taxe forfaitaire de 5% (incluant la CRDS de 0,5%), cette imposition forfaitaire équivaut à l’imposition de la plus-value. Le contribuable garde cependant la possibilité d’opter pour l’imposition au régime général des plus-values sur biens meubles. Cette imposition sera choisie lorsque le contribuable ne peut justifier de la date et du prix d’acquisition du bien ou si ce dernier est détenu depuis moins de 12 ans.

L’option pour le régime général se révélera intéressante si l’objet d’art, de collection ou d’antiquité est détenu depuis plus de 12 ans (exonération totale) ou si ce dernier est issu d’une succession de moins de 2 ans et fait l’objet d’une vente aux enchères (en effet, la valeur de cession retenue est alors la valorisation retenue dans la succession. La plus-value est de facto inexistante.).

Jusqu’ici, le livre ancien en tant qu’objet d’art et de collection était également exonéré d’ISF.

En effet, suite à l’amendement voté par l’assemblé national, en vue de soumettre à l’ISF les œuvres d’art de plus de 50 000 €, contre 500 000  actuellement ; nous restons dans l’attente du vote des deux chambres afin de savoir si oui ou non les œuvres d’art seront soumises à l’ISF.

À qui ce placement correspond ?

Ce placement est destiné à tout investisseur potentiel, simplement il convient de rappeler que le livre ancien est un placement à long terme. Les bibliophiles retrouveront dans ce placement à la fois leurs passions et un investissement sécurisant tout autant qu’il est éthique.

Est-ce bien éthique ?

Il s’agit d’un placement à la fois éthique, mais également moral qui concernera les amoureux du livre désireux de préserver la culture et la littérature du patrimoine de son pays par exemple.

Quelques chiffres :

Voici un bref historique offrant une vision globale du cours du livre de DESCARTES.


PRIX DE L’ÉDITION ORIGINALE DU « DISCOURS DE LA MÉTHODE » DE DESCARTES EN EURO CONSTANT 2008 DEPUIS 1977.

D’après une étude de la librairie Sourget sur les livres anciens, réalisée avec l’aide des services de la Banque Lazard, une édition originale de 1697 reliée en beau vélin du «Discours de la méthode» de Descartes est passée de 6 800 dollars à 290 000 dollars entre 1977 et 2004, soit une appréciation de 4 260 %. Dans le même temps, l’indice Dow Jones est passé de 831 points à 10 783 points, soit une hausse de 1 290%.

En résumé :

Un livre peut être plus performant que le Dow Jones, sa fiscalité reste plutôt douce. De plus, c’est un actif qui reste moins risqué que les actions dans le contexte actuel et très probablement à venir.

Côté fiscalité, le livre ancien baigne dans une fiscalité qui jusqu’à présent est épargnée par la loi de finances 2013.
« On a toujours aimé les livres en France, et, en dépit des circonstances et des évènements  on les y aimera toujours. C’est que l’amour des livres est une tradition nationale et un goût éminemment français. »

Cet investissement est l’un des rares à l’heure actuelle qui bénéficie d’une fiscalité encore allégée dans la catégorie des arts. On y retrouve rendement, sécurité, mais également une passion née ou à naître.

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