Investissement dans le diamant

Investissement dans le diamant, éthique du toc ?

diamant

Un sondage Ifop pour AuCoffre.com réalisé fin novembre montrait que près de 8 Français sur 10 (76%) indiquent ne jamais avoir entendu parler du diamant d’investissement. Et que seulement 4% savent précisément de quoi il s’agit.

Il est temps pour l’équipe de passion du patrimoine de vous apporter quelques éléments de réflexion.

 

  1. Qu’est-ce que le diamant ?
    1. Caractéristiques
    2. Valeurs
  2. Comment investir dans le diamant ?
    1. Différents types d’investissements
    2. Fiscalité
    3. Spécificités du marché
    4. Quel rendement ?
    5. Quels risques ?
    6. Et l’éthique dans tout ça ?
  3. Conclusion

 


 

 1. Qu’est-ce que le diamant ?

Marilyn-Monroe-Diamonds-girls best friends

a. Caractéristiques

  • Avec une dureté de 10 sur l’échelle de Mohs, il est le minéral le plus dur. Sa résistance à l’abrasion est 140 fois plus forte que celle du corindon (rubis, saphir) de dureté 9.
  • Aucune autre pierre précieuse ne renvoie autant de lumière ni ne scintille autant que le diamant. Il parvient à renvoyer jusqu’à 100% de la lumière incidente dans la direction dont elle est venue.
  • C’est le meilleur conducteur thermique existant.
  • Seulement un quart de tous les diamants exploités dans le monde peuvent être utilisés comme pierres ornementales. Le diamant est ainsi avant tout utilisé dans l’industrie, et sert par exemple comme matériau d’affûtage pour des outils de perçage, de coupe et de taille.
  • Cependant il est fragile, car sa dureté (inverse à l’élasticité) l’empêche d’absorber les chocs. Contrairement aux idées reçues, il faut donc éviter de le frapper avec un marteau, car il peut se briser.

 

b. Comment est défini la valeur d’un diamant ?

1. Les 4 « C »

 Pour estimer la valeur d’un diamant, un expert se base sur 4 critères de base, les fameux «4 C» :

Carat (Carat), Couleur (Color), Clarté (Clarity), la Taille (Cut).

C’est la combinaison de ces 4 critères qui va donner la valeur de la pierre.
Le cinquième C pourrait être la Confiance : elle est établie par le certificat d’authenticité.

Les normes des diamants taillés sont établies par des laboratoires qui émettent des certificats, tels que Gemmological Institute of America (GIA), Conseil Supérieur du Diamant (HRD) ou International Gemmological Institute (IGI). Attention, certains diamants ne sont pas certifiables : ce sont les diamants de petite taille, dont le poids est inférieur à 0,5 carat.

  • La Couleur
échelle de couleur du diamant
Échelle de couleur du diamant

La couleur d’un diamant est très importante dans l’estimation de sa valeur. Un diamant chimiquement pur est transparent et incolore. Hors la catégorie des diamants colorés qui sont une catégorie à part entière, plus un diamant est blanc, plus il a de la valeur. La graduation de couleurs va de D pour les plus blancs (qui sont très rares), à Z.

  • Clarté / Pureté
échelle de pureté du diamant
Échelle de pureté du diamant

La majorité des diamants contiennent des marques de naissance, provenant d’éléments extérieurs ou des chocs, connus sous le nom d’inclusions. En plus des inclusions internes on peut constater aussi des irrégularités superficielles considérées comme des défauts. Ces deux catégories d’imperfections, inclusions internes et défauts externes déterminent la pureté du diamant.

  • Carat
diamant à taille réelle
Diamant à taille réelle

La masse d’un diamant se mesure en carats, qui équivaut à 0,20 grammes. La valeur d’un diamant est exponentielle par rapport à sa masse. Autrement dit, un diamant de deux carats a une valeur supérieure à deux diamants d’un carat, puisqu’il est considéré comme plus rare.

  • La taille (Cut)
Modèles de taille du diamant
Modèles de taille du diamant

La taille des diamants s’effectue surtout à Anvers (Belgique), à Tel-Aviv (Israël) et au Gujarat (Inde) par la communauté jaïn. En Thaïlande, ce sont les pierres précieuses comme les rubis et les saphirs qui sont taillées.
Le degré de la beauté de la dispersion (effet arc-en-ciel) du diamant dépend, en grande partie, de la taille et du poli de la pierre. Bien que naturellement les diamants aient leurs éclats propres, ceux-ci peuvent être améliorés et multipliés par la taille experte d’un diamantaire.
Du fait de son extrême dureté, le diamant ne peut être usiné que par un autre diamant, c’est pourquoi la taille et le poli de la pierre en sont les éléments les plus importants.

2. La rareté

Outre ces critères de qualité, c’est la rareté qui fait le prix.
Le diamant est un produit rare, mais en observant de près l’histoire de l’industrie de cette pierre précieuse, force est de constater qu’elle n’est pas rare naturellement, mais plutôt que l’industrie diamantaire a voulu lui conférer une rareté.
Afin d’organiser la rareté du diamant, les industries ont opté pour une stratégie claire : limiter au maximum l’offre tout en créant une forte demande.

Cela n’a initialement pas été très dur à mettre en place puisque, de 1870 aux années 1990, De Beers était en situation de quasi-monopole avec en sa possession près de 80% de l’offre. Depuis les années 1990, les producteurs australiens, russes, canadiens ou encore israéliens ont percé le marché au point que De Beers n’est plus leader en terme de production.
Mais, dans un contexte difficile (demande faible) pour le diamant, les producteurs ont préféré stocker leur production plutôt que vendre pour maintenir une rareté.

Le cabinet d’études cabinet Bain & Company pour l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC), a publié en janvier 2013 un rapport sur les perspectives d’évolutions de l’offre et de la demande de diamants. «Le rapport prévoit que l’offre va dépasser la demande mondiale, ce qui laisse présager de solides perspectives en termes de prix et d’avenir pour l’industrie du diamant en général.» Tous les sites internet et marchands de diamants se basent sur ce rapport pour justifier le potentiel de hausse de cet investissement, mais attention, l’AWDC est une fondation privée qui défend les intérêts collectifs du secteur belge du diamant. De là à ce qu’il y ait conflit d’intérêt dans cette étude…

 

2. Comment investir dans le diamant ?

a. Différents types d’investissements

1. Achat et revente des pierres physiquement

diamants

Il n’y a que trois solutions pour s’en procurer : les boutiques, les boutiques sur internet et les agents de distributions tel que DIAMVALOR (http://www.diamvalor.com).

Bien souvent il s’agit plus d’un achat passion que d’un placement spéculatif. Il faut prendre en compte que la TVA et la marge du revendeur, font perdre énormément de valeur à votre achat. Ou plus précisément, le prix payé ne correspond pas à la cote officielle des pierres précieuses. Espérer effectuer une plus-value sur ce type d’achat nécessitera de la patience…

A noter toutefois que certains acteurs sortent du lot tel DIAMVALOR, en vous fournissant un diamant au prix rapaport ou avec de faible marge (grâce à leur volume d’affaire).

 

2. Achat en copropriété

Il semble n’y avoir qu’un acteur sur ce marché. Il s’agit de la plateforme http://www.InvestDiamond.com. Elle permet d’acheter et de revendre, sans TVA, des diamants, à partir de 0,001 carat. Les diamants d’investissement sont gardés en coffres suisses, hautement sécurisés, hors système bancaire et en zone franche.

Ils proposent d’investir dans des fractions de lots de diamants d’investissement. Ces lots sont composés d’une cinquantaine de diamants entiers de poids différents, de 0,5 à 2 carats.

En résumé, vous achetez, une quote-part d’un lot de pierres, que vous ne voyez jamais et qui est stocké à l’étranger, en zone franche. La confiance demandée par cette société me semble bien trop grande au vu des risques encourus. Est-on sûr de pouvoir récupérer sa quote-part de pierre? Comment s’opère le partage?

3. Le diamant “papier”

Comme pour l’or physique, l’essence d’un diamant d’investissement est son caractère tangible. Or, le «diamant-papier» est un type de diamant purement spéculatif dans la mesure où il n’est pas encore extrait, et donc pas encore “matérialisé”.

Il réunit plusieurs inconvénients : il est complexe à comprendre pour le particulier, il est sujet aux fluctuations de l’offre et de la demande, et surtout il expose l’investisseur au risque de faillite de l’ETF émetteur. Au même titre donc, que tous autres actifs financiers.

À notre avis, il n’a pas sa place dans une allocation d’actifs diversifiée.

b. Fiscalité

Le budget 2014 a été promulgué, modifiant la fiscalité des biens meubles et donc des bijoux et assimilés (ni monté, ni serti, ni à usage industriel).

  • A l’achat : la TVA s’applique au taux normal à l’achat.

À noter qu’il existe une exception qui permet d’acheter sans TVA : La zone franche. En effet, pour les diamants stockés en zone franche, une TVA est appliquée sur les services, la garde, la commission, mais pas sur le diamant lui-même.

Pour en savoir plus sur les zones franches, je vous invite à lire cet article de l’Expresse.

  •  A la revente : deux choix possible :
    • une taxe forfaitaire à 6,5% (6% de taxe + 0,5% de CSG/CRDS) à chaque revente effectuée,
    • ou alors le régime d’imposition sur la plus-value réalisée à la cession : 34.5% sur la plus-value réalisée les trois premières années, puis exonération dégressive et TOTALE de la taxe au bout de 22 ans de détention.
    • Exonération totale si le bien a une valeur inférieur à 5 000 €
    •  Pour l’impôt sur la fortune (ISF) : il y a une prise en compte dans le calcul de la base imposable.

Lien officiel http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3788-PGP.html?identifiant=BOI-RPPM-PVBMC-10-20140401

 

c. Spécificités du marché

1. Un système autorégulé qui fixe ses propres prix

Il n’existe pas de cours mondial officiel du diamant, reconnu par les Etats. Le cours du diamant est géré par les professionnels du milieu et non par une autorité financière extérieure. Il est établi en fonction des stocks réels, de la production de diamants, une production régulée afin de maintenir une stabilité des prix. Toutes les semaines depuis 20 ans, le Rapaport Group publie le Rapaport Report, qui sert de liste de référence aux négociants pour établir le prix des diamants sur les places de marché.

Le Rapaport Diamond Report se compose de feuilles de tableaux de prix qui sont utilisés par les diamantaires et négociants du monde entier afin de calculer le prix d’un diamant. Ces listes de prix sont accessibles uniquement par abonnement, pour les professionnels.

Le site  www.diamondspot.com est un portail dédié au diamant d’investissement (actualités, marché, industrie, histoire et fondamentaux, etc). Ce site affiche en temps réel la cotation des transactions (achat/vente) du diamant d’investissement.

 

2. La cotation :

Selon le magazine Gestion de Fortune : «Le marché représente 60 milliards de dollars dans le monde, dont la très grande  majorité est destinée à la bijouterie. Le marché de l’investissement, quant à lui, ne dépasserait pas le milliard de dollar. Si la performance du Rapaport est souvent vantée en comparaison de celle des indices boursiers tels que le CAC ou le Dow Jones, et notamment depuis la débâcle de 2008, il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’un marché restreint dont les volumes d’échange n’ont rien à voir avec ceux des indices financiers internationaux.»

 

3. La stabilité des prix organisée

Les grands industriels du diamant se chargent d’organiser la stabilité des prix afin de préserver leurs marges. Trop de production : on ferme des mines où l’on stocke les diamants en attendant de les sortir de leur réserve. Pas assez de demande : on ressort les diamants de leur réserve pour stimuler la demande. On organise la rareté pour maintenir le prix élevé des diamants.

Cela fait plus de 100 ans que ça dure, mais pour combien de temps encore ?

Selon Les Echos : «…En quinze ans à peine, Lev Leviev a ainsi totalement bouleversé le modèle économique du diamant. A la « stratégie du robinet » poursuivie pendant des lustres par de De Beers (le contrôle de la vente des diamants aux diamantaires) il a substitué la « stratégie de la mine à la maîtresse », soit le contrôle de l’ensemble de la filière, de la production à la vente finale…».
Nous vous recommandons la lecture de leur excellent article

Pour aller plus loin trois podcasts sur France Culture

 

d. Quel rendement ?

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Depuis dix ans, l’indice Rapaport progresse de 10 à 15 % chaque année. Ainsi, «un particulier qui a fait l’acquisition d’un diamant d’investissement de très bonne qualité en 2010, qui l’a conservé sous scellé et gardé en coffre durant deux ans pour le revendre en 2012 a enregistré une plus-value de 20 à 25 %», détaille Nicolas de Saint Ivy (directeur de Diamant-Gems). A la condition toutefois que le raisonnement se fasse hors TVA…

 

historique prix diamant depuis 1960
historique prix diamant depuis 1960

De la bouche de M. Jean-François Faure, (président fondateur de la plateforme de diamants d’investissement InvestDiamond.com) «depuis 100 ans, il prend 2 à 3% par an, ni plus ni moins.»

 

e. Quels sont les risques ?

1. La Crise du diamant des années 1980

L’enquête, intitulée « The Global Diamond Industry » réalisée par le cabinet Bain & Company, dont on parlait précédament, conclut que les diamants constituent un investissement attrayant. Comme il s’agit d’une ressource naturelle rare, leurs prix sont généralement à la hausse, et la demande ne devrait pas se tarir dans un futur proche.

«Ces conclusions, en apparence irréfutables, laissent pourtant un sourire sceptique sur les lèvres des spécialistes de 50 ans et plus : la bulle spéculative qui a explosé en 1985, résultat de deux ans d’inflation, était la conséquence de déclarations similaires sur l’investissement attrayant que constituaient les diamants.» peut-on lire sur le site d’un diamantaire.

Erwan Seznec de l’UFC Que Choisir : «Le même scénario peut-il se reproduire ? Probablement. En effet, même si les assertions du cabinet Bain & Company sont bien étayées, elles n’ont qu’un lointain rapport avec les investissements proposés aux particuliers. Aujourd’hui comme dans les années 1980, le diamant est un marché extrêmement complexe et bien plus opaque que celui de l’or. Il n’y a pas de cotation officielle, seulement des index (Polished Prices, Rapaport Index…). Contrairement au lingot, les pierres sont toutes différentes et seul un expert est à même d’apprécier leur valeur, qui peut se chiffrer en millions ou en dizaines d’euros.»

Selon Daniel Paillasseur, fondateur de la joaillerie de luxe Korloff et associé à KLP, bourse diamantaire internationale à Anvers. Professionnel du diamant d’investissement depuis les années 70, il porte un regard tout autre sur la bulle qui a explosé dans les années 80, causée, selon lui, par l’absence totale de réglementation. Interview complète sur le site diamondspot.com

2. Beaucoup de nouveaux acteurs

L’association UFC Que Choisir nous met en garde : beaucoup de nouveaux acteurs ont fait leur apparition ces derniers temps, et surtout depuis que l’or a perdu de sa superbe. Sont-ils tous fiable ? Que se passe-t-il si certains font faillite ? Les diamants placés en zone franche en Suisse, Qu’adviendront-ils ?

Je vous laisse juger des méthodes commerciales utilisées par certains (toujours par UFC Que Choisir) :

« Le diamant résiste à tout, y compris aux fluctuations monétaires », peut-on lire sur le site d’Aucoffre.com. « Le marché du diamant lui-même est on ne peut plus stable… Depuis 2009, le cours explose en passant de 100 dollars à 175 dollars le carat en 2011 ». Mais pourquoi prendre 2009 comme point de référence ? Tout simplement parce que 2009 a été une très mauvaise année pour le diamant. Les exportations de la place d’Anvers, par laquelle transite 80 % des pierres brutes du monde entier, avait chuté de 70 % par rapport à l’année précédente. Les cours étaient très bas. Faire passer leur remontée pour une splendide progression est un procédé plus que limite.»

 

3. Découverte de nouvelles mines

Les pays extracteur de diamants
Les pays extracteur de diamants

Comme tout marché, la spéculation est en prise aux aléas de l’offre et de la demande, nous avons bien vu précédemment que ce marché du diamant est quelque peu opaque et que donc l’investissement en diamant s’il vous tient à cœur, doit se faire en diversification patrimoniale uniquement. N’investissez que ce dont vous pouvez vous permettre de perdre.

Voici deux exemples de nouvelles qui apparaissent dans les journaux un beau matin et qui sont susceptible de changer la donne rapidement.

Fin 2012, on apprenait qu’une mine de diamants avait été découverte dans les années 1970 par la Russie, mais ce n’est que récemment que Moscou a dévoilé son existence. De plusieurs milliards de carats, cette mine sibérienne multiplie par 110 les réserves mondiales de diamants, et pourrait provoquer « une révolution industrielle », selon les experts.
En savoir plus sur le site de l’express.fr

Cette année, c’est le Québec qui ouvre une nouvelle mine (1 milliard de dollars nécessaire à sa construction) source

Enfin, pour finir sur une note plus légère, il semblerait que les planètes Uranus et Neptune soient couvertes de diamant ? Source

 

f. Et l’éthique dans tout ça ?

Il y a deux principaux critères pour que l’investissement dans cette pierre soit éthique :

  • L’extraction et la transformation doivent être respectueuses des conditions humaines et respectueuse de l’environnement.
  • Le commerce ne doit pas être lié à des guerres ou du terrorisme. (diamants de guerres)

Là encore nous sommes confrontés à la difficulté pour obtenir des informations justes et impartiales.

1. Que sont les diamants de la guerre ?

quel prix pour ces diamants
quel prix pour ces diamants ?

Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), les diamants de la guerre (blood diamond) désignent « … des diamants provenant de zones contrôlées par des forces ou des factions opposées à des gouvernements légitimes, reconnus internationalement ».

Ces diamants sont utilisés pour financer une lutte intestine antigouvernementale. Les diamants de la guerre ont alimenté, par exemple, le conflit particulièrement sanglant qui a frappé la Sierra Leone à la fin des années 90. Pendant ce conflit, les diamants de la guerre ont représenté environ 4 % de la production mondiale. D’autres conflits fratricides ont été alimentés par des groupes rebelles notamment en Angola, au Liberia, en Côte d’Ivoire, en République Démocratique du Congo et en République du Congo…

Depuis 2003, cela ne devrait plus être possible pour les pays signataire du processus de Kimberley.

Le processus de Kimberley est un système international de certification des diamants bruts signé le 1er janvier 2003 par le Canada, les États-Unis, les pays de l’Union européenne et de nombreux autres pays. Le but de ce processus est de supprimer complètement le commerce des diamants de conflits, blood diamonds ou diamants de la guerre ; diamants produits dans des zones de guerre pour financer, en armements, des rebelles.

Les limites du processus de Kimberley. Les ONG mettent aussi en avant les limites du processus de Kimberley « qui mériterait de renforcer les contrôles ». Pourtant « chaque année une commission d’enquête, composée de diamantaires et représentants du pays audité, vont vérifier les conditions dans lesquelles les certificats sont délivrés », se défend le président du World Diamond Council.

Mais l’organisation Global Witness souligne que plusieurs enquêtes menées par Global Witness et Amnesty International ont montré qu’une majorité de bijoutiers du Royaume-Uni et des États-Unis ne soumettent pas leur chaîne d’approvisionnement en diamants à un audit indépendant. Une indépendance qui limiterait les risques de corruption d’Etat qui auraient envie de délivrer des certificats pour des pierres issues de zones de conflit.

Et les droits de l’Homme ? Autre lacune mise en avant par l’ONG : l’absence de prise en compte des droits de l’Homme dans le processus de Kimberley. Rien n’assure aujourd’hui que les ouvriers qui ont extrait les pierres, travaillent dans des conditions respectables. Les diamants issus des mines du Sierra Leone ou d’Angola sont aujourd’hui légaux puisque ces pays sont signataires du processus de Kimberley, mais rien n’assure des conditions de travail correctes.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article du monde concernant le trafic du diamant : «Traqués par le fisc, les rois du diamant brut se réfugient en Suisse» et à regarder ce documentaire https://www.youtube.com/watch?v=61Vd8amSEFE

 

2. Travail des enfants dans les mines

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30 000 enfants travaillent dans les mines artisanales au Katanga

Comme dans beaucoup de pays pauvres, le travail des enfants est omniprésent. Depuis 2010, et encore au Congo, l’UNICEF alertait l’opinion publique à ce sujet. «Une étude de 2006 donnait environ 43 880 enfants dans les mines, Entre 2010 et 2012, le programme d’aide de l’UNICEF a aidé à  scolariser 2 866 enfants.» http://www.unicef.org/french/infobycountry/drcongo_62197.html

Autre lacune mise en avant par l’ONG : l’absence de prise en compte des droits de l’Homme dans le processus de Kimberley. Rien n’assure aujourd’hui que les ouvriers qui ont extrait les pierres, travaillent dans des conditions respectables. Les diamants issus des mines du Sierra Leone ou d’Angola sont aujourd’hui légaux puisque ces pays sont signataires du processus de Kimberley, mais rien n’assure des conditions de travail correctes.

 

Achetez donc vos diamants en âme et conscience.

 

3. Impact de l’extraction sur l’écologie

mine de diamants sur un lac au canada
Mine de diamants sur un lac au canada

De manière général, les considérations écologiques ne pèsent pas lourd dans la balance des géants miniers ni même des États. Ainsi l’extraction des matières premières se fait au détriment d’espèces menacées.

Par exemple :

La récente réouverture de la mine de diamant de Mahjgawan (Inde) nargue les lois indiennes et les associations de protection de la nature car elle est située en pleine zone protégée (pour l’habitat du tigre). Voir l’article : http://www.novethic.fr/empreinte-terre/ressources-naturelles/isr-rse/inde-a-la-poursuite-du-diamant-vert-133669.html

Malgré tout, des certifications se mettent en place; et «Greenwashing» ou réelle conscience écologique, certains acteurs de la bijouterie font l’effort de sélectionner leur approvisionnement écoresponsable.

Pour en savoir plus sur cette certification http://www.responsiblejewellery.com/

 

 3. Conclusion

 

Avantages :

  • Diversification dite «valeur refuge»
  • Monnaie d’échange dans certains pays
  • Demande croissante, et offre limitée
  • Marché contrôlé
  • Actif tangible (sauf diamant papier)
  • Déplacement hors des frontières facile
  • Valeur sentimentale et décorative en joaillerie
  • Cotation fréquente

 

 

Inconvénients :

  • Caractère pas très éthique (diamant de guerre, travail dans les mines, nuisances environnementales)
  • Pas de rentabilité + cout de stockage au coffre, 2 à 3 /100 de plus-value annuelle en 100 ans
  • Fiscalité pas très avantageuse à moins de conserver une vingtaine d’année
  • Complexité de la valorisation
  • Opacité du marché

 

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